[Film – Crittique] Devil Inside de William Brent Bell: Esbrouffe Inside

Le Vatican n’a pas cautionné ni aidé à la rédaction de cet article sur Devil Inside. Oserez vous le lire ? L’article que le Vatican ne veut pas que vous lisiez. Les producteurs exécutifs de la saga ultra-rentable Paranormal Activity embauchent William Brent Bell (Stay Alive, 2006) pour décliner le concept found footage à l’exorcisme et aux possessions démoniaques. Une puissante recette marketing pour un produit fade et volontairement incomplet. L’arnaque.

En 2009, la jeune Isabella Rossi (Fernanda Andrade) se rend à Rome avec un caméraman, Michael (Ionut Grama), afin de filmer un documentaire / enquête sur les traces de sa mère, Maria (Suzan Crowley). En effet, Maria y est internée depuis 20 ans après avoir assassiné trois personnes durant une séance d’exorcisme pratiquée sur elle. A Rome, Isabella et Michael vont faire la connaissance de deux prêtres exorcistes: le père Ben Rawlings (Simon Quaterman) et le père David Keane (Evan Helmuth). De séances d’exorcismes dans des caves lugubres en transferts démoniaques fulgurants, les quatre personnages vont se confronter au mystérieux cas de Maria Rossi, enterré par l’Église elle même…

Si vous attendez de Devil Inside un film aussi terrifiant que L’Exorciste (1973) de William Friedkin, vous allez être déçu. Bien sûr le film possède tous les ingrédients classiques: des possessions, des scarifications sataniques, des prêtres courageux, des yeux injectés de sang, et des voix multiples. Pourtant, la sauce ne prend pas. Les quelques scènes où l’on est confronté à des personnes possédées par des démons manquent d’une atmosphère suffisamment angoissante pour que les poils sur nos bras se dressent. Une des raisons de cette fadeur vient sans doute du fait que ce faux documentaire est extrêmement mal interprété par les principaux acteurs (exceptés peut être pour Suzan Crowley et la contorsionniste Bonnie Morgan, cantonnées à des crises de possession). L’authenticité du documentaire, qui alterne prises directes et interviews, ne prend pas. Le film multiplie des situations peu crédibles, voire grotesques (à Rome, tout le monde parle anglais et on entre dans les asiles psychiatriques pour y pratiquer des séances d’exorcismes comme dans un moulin, c’est bien connu). Peu de surprises pour ceux qui auront vu la bande annonce avant le film, si ce n’est la toute fin.

Une fin en eau de boudin, puisqu’il ne s’agit que d’un cliffhanger qui annonce sans honte la nécessité d’un second volet pour connaitre la suite de l’aventure. Il fallait un peu s’en douter avec un film qui commence sa narration en 2009 et qui est produit par les producteurs exécutifs de Paranormal Activity, qui pratiquent ce genre de fin depuis le second Paranormal… On ne doute pas que le second film ne tardera pas à être produit étant donné que Devil Inside est l’un des films les plus rentables de l’année 2012. Avec un coût de production dérisoire d’un million de dollars (et on le voit bien à l’image), le film en a remporté 34 millions dès le premier week-end de sa sortie aux Etats-Unis le plaçant 5ème sur la liste des meilleurs démarrages de tous les temps pour un film d’épouvante. Au box-office France, le film a également très bien démarré. Sur sa première journée, il comptabilisait plus d’entrées que le nouveau film de Steven Spielberg Cheval de Guerre, sorti le même jour. On peut facilement deviner qu’un second ou troisième volet sous forme de prequel nous montrera le passé de Maria Rossi et son exorcisme de 1989.

Vu les entrées des premiers jours aux USA ou en France, on pourra dire que le film Devil Inside aura au moins su susciter le buzz avec ses avants-premières dans des églises, une affiche avec une vieille nonne aveugle (qu’on ne voit qu’une fraction de seconde dans le film) et un slogan un peu exagéré, mais efficace: « Le film que le Vatican ne veut pas que vous voyez » (en réalité le réalisateur William Brent Bell avait envoyé le scénario à l’Église Catholique qui n’a pas souhaité aider à son élaboration et répondre à ses questions). L’appétence pour les films de possessions et d’exorcisme est forte, mais ce n’est pas Devil Inside qui y répondra.

Philip Pick

Regardez la bande annonce du film Devil Inside (2012) de William Brent Bell

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Comments
3 Responses to “[Film – Crittique] Devil Inside de William Brent Bell: Esbrouffe Inside”
  1. J’ai eu peur quand un chien aboi, mais je crois que c’était le seul moment du film qu’était pas fait pour faire peur.

    • Aboit avec un « t » je crois que ça marche mieux.

      Et je viens d’y penser, j’ai également eu peur pour le système utéro-vaginal de la contorsionniste au moment ou il y a du sang sur son pyjama. Ou alors ses règles sont tombées pil-poil pour le tournage. Mais ça c’est pas de chance.

      • Rick et Pick dit :

        Effectivement j’ai failli préciser dans l’article qu’il y a bien UN moment dans le film où la salle sursaute: le fameux chien derrière sa barrière ! Je crois bien que quelques filles ont protestouné quand les règles de la contorsionniste se sont déclenchées…

        Pick

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